lundi 9 février 2015

El aspirador...

On est dimanche, et le dimanche, c'est ménache.
A 13h du matin (oui, 13h est une heure matinale... selon ce que vous avez fait la veille), pieds nus, les yeux de panda parce que pas démaquillés, Lillie décide de passer l'aspirateur.
Entre Gustave, le chat blanc qui a-do-re se vautrer sur le canapé en velours marron foncé, et Jeddak, petit-beagle-bébé-tout-mignon-mais-qui-perd-ses-poils PARTOUT, les chaussettes font vite office de torchon à poussière. Et Lillie ça la défrise.

La voilà donc, en pyj, à brancher son aspi. Satisfaite, noyée sous le boucan du Rowenta, elle regarde se faire éradiquer le moindre morceau de caillou, le plus petit nœud de poils.

Elle soulève les chaises, tire la table, pousse le canapé, un vrai déménageur breton. Mais comme toujours, arrive le moment où l'odieuse machine finit par se coincer dans un angle de mur. Avez-vous remarqué cette manie qu'ont les aspirateurs, à toujours buter sur tout et n'importe quoi ? La prise se coince sous une porte, ou alors, quand vous tirez sur le manche pour faire avancer la bête, elle vient cogner pile sur une chaise, qui à la base n'était même pas sur sa trajectoire. C'est déjà très énervant, et ça arrive tout le temps.

Le moment de rendre au canapé sa dignité arrive. Lillie enlève une partie du manche, pour mieux aspirer dans les angles de velours, eux aussi difficilement épargnés par Gustave. On l'imagine bien se vautrer partout et saupoudrer le tissu de mottes de poils. Délicatement, presque avec stratégie, elle pose le bout du manche contre la table basse. Et IMMANQUABLEMENT, le truc se casse la gueule. A chaque fois qu'elle le pose, contre un mur, coincé derrière une chaise, bloqué par un tapis pour ne pas glisser, cette connerie de machin se vautre sur le carrelage, généralement avec un grand BAM. A croire que ces petites bestioles vicieuses de Lutins prennent plaisir à voir leur victime faire un bond de trois mètres quand résonne le bruit de la chute.

Et ils ne boudent pas leur plaisir, les cons. Discrètement, ils s'arrangent pour que le fil soit bloqué sous la porte, ou qu'une roue se grippe. Lillie est alors forcée de tirer sur le manche pour faire rouler la machine et la décoincer.
Vous savez ce qui se passe à cet instant ?
L'évidence ne vous frappe-t-elle pas ?
Non ?
Lillie est pieds nus...
Vous commencez à saisir ?

Et oui ! L'aspirateur vient IMMANQUABLEMENT cogner sur le pied de la ménagère du dimanche. Le gros orteil, le petit doigt qui ne demandait rien à personne, la malléole, ou le talon, peu importe la région pédestre, elle a forcément droit à sa collision. Evidemment douloureuse, et terriblement énervante.

S'en suit un déversement presque poétique de noms d'oiseaux plus ou moins fantastiques. Et le manège recommence, tous les deux-trois jours, quand il est question d'aspirer les poils de chat.

Suffit de mettre des chaussons, direz-vous. Oui. Certes. Ce qui n'empêche pas l'aspirateur de venir mordre la malléole un bref découverte de sa chaussette, ou un genou posé une seconde à terre pour mieux choper les moutons sous le lit.

Ce dimanche, Lillie abdique, blessée. Rageusement, elle range l'objet de sa colère dans le sellier. Le tube en plastique s'enroule docilement. Trop... Tout à coup, mû par un sursaut de volonté, il se déplie, dans un sens improbable, et vient, du bout du bec rigide, frapper la tempe de la jeune femme, penchée pour accrocher le manche au crochet.
Fébrile, elle laisse tout en plan et ferme la porte en râlant. Terminé le ménage pour aujourd'hui, décrète-t-elle en se frottant la mâchoire. La prochaine fois ce sera bottes et genouillères, nan mais !

Si ça, c'est pas de l'acharnement !




4 commentaires:

  1. Réponses
    1. Ouais, faudrait que j'y pense. Et des gants en métal, et des pompes coquées...

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  2. Faire le ménage, c'est un sport dangereux, voir extrême, par moment... xD

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