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mardi 1 septembre 2015

Episode 7 : doutes...



7

Le mercredi matin, Olivia a clôturé tous ses dossiers. Depuis qu'elle est réveillée, la jeune femme est calée au fond de son fauteuil de lecture, près de la bibliothèque qui habille tout un pan de mur de son bureau. Dehors, il pleut à seaux. Paisiblement, elle observe les éclairs zébrer les épaisses couches de lourd coton noir, avec un plaisir sombre à chaque coup de tonnerre qui roule au-dessus de sa tête.
A ses pieds, ou plutôt sur ses pieds, Flaubert dort du sommeil du juste. Une heure plus tôt, Olivia a voulu le sortir. Mais après s'être faite tracter sur plusieurs mètres par un chien décidé à rentrer, elle a fini par déclarer forfait. L'animal a expédié ses besoins juste devant l'immeuble, au grand ravissement de sa nounou, avant de se précipiter dans le hall d'entrée. Drapé dans sa dignité outragée par la pluie menaçant la blancheur de son pelage, il l'a regardé ramasser en râlant.

samedi 25 juillet 2015

Interlude peinture...

L'été, dans le Sud, est une combinaison parfaite de chant de cigales, de chaleur intense et d'odeurs de pin et d'embruns.
En être spectateur, même au travail, c'est être déjà un peu en vacances. Et alors quand vous êtes enfin en congés, alors là, c'est le summum du pied intégral...
Ca, Lillie l'a bien compris. Alors peu importe la manière, la raison, ou l'occasion, dès que la cigale pointe le bout de son museau (bec, nez, groin, antenne, ce que vous voulez...), elle rapplique fissa fissa. Quelques jours, un week-end, plusieurs semaines, le temps de toute façon n'est plus le même avec la ligne d'horizon d'une mer bleue et paisible (paisible à condition de n'y pas trouver de touristes - faut connaître les bons coins, ce qui évidemment est le cas de Lillie, tu te doutes bien !).

Pour s'occuper, éloigner l'ennui qui pourrait éventuellement finir par s'installer, entre deux siestes au bord de la piscine, Lillie ramène toujours avec elle sa hôte à projets. Un énorme sac de noeuds, rempli d'idées farfelues, de croquis préparatoires, de notes de bas de page, de ToDoList périmées... Ce fameux sac dont Lillie sort du boulot tous les jours, qui peut lui générer un salaire, mais que les copains regardent souvent avec l'indulgence d'un parent condescendant... "Mais oui, ma fille, cause toujours et va te trouver un vrai travail !"

Bref, l'été dans le Sud, Lillie est en vacances mais jamais tout à fait. Et c'est exactement ce qu'elle aime. Alors ce week-end là, confortablement installée dans son bureau estival -une table en verre à l'ombre de la terrasse- elle décroche un des tableaux offerts à ses parents, peint un jour d'égarement, il y a quelques années.
Un ensemble de fraises sur fond rose, une petite lutine accoudée à l'une d'elles. Une idée trèèèès originale, aux couleurs tout ce qu'il y a de plus kitch. Il fallait bien faire quelque chose, pour cette œuvre qui brûlait la rétine.